On peut bien penser ce qu'on veut du rock mégalo-lyrico-prog pratiqué par Matthew Bellamy et ses deux camarades (accompagnés pour l'occasion d'un claviériste) : Muse se pique d'en mettre plein les yeux et les oreilles de fans aux anges. Quitte à surcharger, direction l'overdose... C'est juchés sur trois hautes colonnes mobiles, surplombés par des éléments de décor similaires, que les Anglais font leur apparition. Ces blocs façon piédestaux servent en même temps d'écrans où se succèdent et se mêlent les projections, du groupe à l'œuvre ou d'autres visuels plus ésotériques. Côté son, le ton est vite donné aussi après quelques ultimes réglages destinés à rendre les choses plus audibles : le concert, ou plutôt la performance, démarre comme l'album « The resistance » : avec Uprising et Resistance. Les compositions sont alambiquées, donnent dans le symphonique, l'épique, avec ces refrains que scande la foule quand elle ne marque pas le rythme les bras en l'air, gsm allumé. Sans oublier l'un ou l'autre effet à la guitare pour appuyer encore.
Et ça joue fort, question volume... De quoi (ré)alimenter le débat sur la question, mais à Anvers, personne dans le public mélangé n'en perd une miette, y compris les spectateurs placés « derrière » le groupe, dans le virage : l'espace est ouvert à 360°, Chris et Matt l'arpentent de long en large, tandis que la batterie se met ici et là à tourner. Si le jeu de scène reste quelconque, c'est encore une fois visuellement (et auditivement) puissant. Imaginez de frêles créatures (Bellamy surtout, serré dans un t-shirt et un pantalon noir) générant et maîtrisant un véritable ouragan sonore. Imaginez, sur le refrain de Plug in baby, quelques dizaines de milliers de personnes répondant à l'invitation, sautant comme un seul homme, balayées par les lasers... Une expérience physique qui vaut le coup d'oeil, et qui ne s'apaise qu'à de rares reprises : le temps que démarre United States of Eurasia, quand Matthew s'installe au piano à queue, et qu'il y reste pour suivre avec Feeling good... Du coup, on se surprend à être... surpris, quand le bassiste du groupe dégaine un harmonica et entame le célébrissime thème d'Il était une fois dans l'ouest. Mais c'est pour mieux enchaîner avec un dernier rappel : Knights of Cydonia, clôturé dans le brouillard soudain des fumigènes. Une chose est claire, outre le fait qu'après avoir écouté Muse en live, le silence fait peur : ça sent le retour cet été, cette grosse machine-là.
En festival. On parie sur une tête d'affiche à Werchter ?









